Le blog de GEROU !

Un membre d'Alliage convertit à Jésus

Grand Entretien avec Steven Gunnell, Ex-membre du boys-band Alliage :

''Pour moi la Bible, ce n'est pas un livre, c'est Dieu qui me parle !''



Propos recueillis par Paul OHLOTT.

Paul Ohlott : A 19 ans, vous aviez déjà l'impression d'avoir ''foiré votre vie''… Aujourd'hui, 14 ans plus tard, qu'en est-il ?

Steven Gunnell : Il en est maintenant qu'à chaque jour suffit sa peine. Chaque jour est un événement ! A 19 ans, sans la connaissance du Christ, et sans cet amour inconcevable qui accompagne mon quotidien, je n'entrevoyais pas beaucoup d'espoir.

P.O. : Vous vivez donc au jour le jour, mais dans «Sacrifié», vous écrivez : ''Je m'attends à vivre des choses extraordinaires''. Vous parvenez malgré tout à vous projeter dans l'avenir ?

S.G. : Bien sûr, je regarde vers l'avenir, mais pas pour des projets, car tous les projets que j'ai émis par moi-même, n'ont pas abouti ou n'ont pas tenu très longtemps. Aujourd'hui, je vis avec le Seigneur et ses projets dans lesquels je collabore sont beaucoup plus édifiants, plus porteurs, plus fructueux. En ce qui me concerne je n'ai donc plus de projets. J'ai des idées et des désirs, mais j'ai décidé de faire confiance à la divine providence quant à mon avenir. Et je demande au Seigneur qu'il mette sur ma route des personnes qui me permettront de vivre de vrais projets. C'est ce qui s'est passé notamment quand j'ai rencontré Robert Hossein.

P.O. : Vous écrivez encore que vous êtes ''surpris'' par ce nouveau regard que vous portez sur le monde et sur vous-même. Alors, quel est ce nouveau regard ?

S.G. : Nous sommes tous porteurs, de manière très enfouie, d'un mystère de vie et d'un projet d'amour qui émane du divin. Nous sommes donc tous appelés à un vrai bonheur. Et quand je regarde le monde dans lequel nous vivons, je me dis mais qu'est-ce qu'on est c.. ! On est complètement à côté de la plaque. Et on vaut bien mieux que ce que l'on fait actuellement. La société du 21ème siècle me paraît médiocre et me laisse dans une certaine insatisfaction, car je sais que nous pourrions faire bien mieux, en raison de ce que l'homme est appelé à réaliser et à devenir.

Un autre monde que les médias ne nous montrent pas

P.O. : Quand vous étiez enfant, vous vous sentiez marginal. Aujourd'hui, avec votre nouveau regard sur le monde, vous vous sentez encore marginal ?

S.G. : Pas du tout ! Un marginal c'est une personne qui ne s'investit pas et je suis tout le contraire aujourd'hui. Je m'investis, à ma mesure, dans le domaine de la foi, dans mon église, dans une vie de prière. Et je suis investi dans ma vie de couple, dans ma paternité. Je ne suis pas engagé politiquement pour le moment, mais humainement.

P.O. : Dans votre témoignage, vous expliquez que vous vous sentez comme ce jeune enfant qui découvre l'armoire magique dans Narnia…

S.G. : Oui… A un moment donné, en rentrant dans l'église, j'ai découvert à l'intérieur une véritable richesse, une vie, une histoire, les martyrs des temps modernes, et des millions pour ne pas dire un milliard et demi de chrétiens qui prient, qui aiment, et qui louent Dieu. Un véritable autre monde ! Un autre monde que les médias ne nous montrent pas.

P.O. : En réalisant votre album «In Terra», vous marquez réellement un retour sur Terre. C'était difficile pour vous de tourner la page du boys-band ?

S.G. : C'est un combat continuel. Il y a quelques semaines encore, chez Cauet, j'ai eu droit aux photos et à la musique. Pour eux, je suis Steven d'Alliage et non Steven Gunnell ! Visiblement, ça me colle encore à la peau. Beaucoup moins heureusement, parce que le temps fait que mon apparence change, et je n'ai plus la même maturité, je ne suis plus le gamin qui s'exprime mal et qui est un peu gauche d'il y a 12 ans. Les gens que je rencontre aujourd'hui sont agréablement surpris par ce que je dégage, mais c'est difficile de se défaire de l'image du boys-band.

Je n'étais pas venu chercher la gloire, mais apprendre un métier

P.O. : Avez-vous gardé le contact avec les anciens membres du groupe ?

S.G. : On avait coupé les ponts et on a repris contact. J'ai fais l'expérience aujourd'hui de la profonde dimension du pardon. Je me suis converti à Christ il y a 8 ans, mais il a fallu tout un cheminement, pour parvenir à comprendre et à accepter que le pardon n'est pas un état, mais un chemin. Ce n'est pas humain, mais divin. Pardonner n'est pas quelque chose qui va de soi. Et j'ai réalisé que je n'avais pas encore pardonné à certains de mes anciens collaborateurs d'Alliage. Il y a une nette différence entre dire que l'on a pardonné et montrer que l'on a pardonné. Saint Jacques, dans la Bible, en parle très bien. Il y a les œuvres et il y a la foi. La foi, sans les œuvres, ne tient pas. Derrière un acte de foi, il faut poser un acte d'amour !

P.O. : Avec le recul actuel, si vous deviez retourner dans le passé… Accepteriez-vous à nouveau cette aventure d'Alliage ?

S.G. : C'est une question que l'on m'a souvent posée, et je réponds toujours que si je retournais dix ans en arrière, plongé dans le même contexte social, je ne refuserais pas ce travail que l'on me propose. Donc je le referais. Maintenant, 10 ans en arrière, dans un tout autre contexte social, je n'aurais même pas passé l'audition ! J'étais monté à Paris pour devenir comédien, pour vivre correctement, et non pour faire du boys-band. Je n'étais pas venu chercher la gloire, mais apprendre un métier.

P.O. : Quand on voit toute cette déchéance dans laquelle vous étiez embourbé, on sent que vous avez été une épave du show-biz. Si vous n'aviez pas découvert la foi en Jésus, que seriez-vous devenu aujourd'hui ?

S.G. : Je serais certainement comme l'une de ces anciennes stars d'il y a 15 ou 30 ans, que l'on voit errer dans les soirées mondaines et people. Je serais un «has been» (NDLR : littéralement, je serais un ''a été''). Je serais le type qui est resté avec la même coupe de cheveux qu'il y a 20 ans, à faire des galas, espérant pouvoir m'asseoir longtemps sur mon heure de gloire… Voilà ce que je serais certainement devenu.

P.O. : Sans la foi, vous auriez pu aller jusqu'au suicide ?

S.G. : …Avant de me convertir, l'idée du suicide m'a traversé l'esprit.

Il y a les dealers de succès, de gloire éphémère, de mensonges…

P.O. : Quel regard portez-vous sur toutes ces émissions qui vendent le rêve de devenir une star en quelques semaines ?

S.G. : Je suis triste de voir comment on peut, aujourd'hui, avec si peu d'arguments, et beaucoup de mensonges, parvenir à duper et aveugler facilement les gens. Et je suis sidéré de voir comment autant de jeunes se laissent embarquer. Cela nous montre en tous les cas à quel point le niveau intellectuel, spirituel, philosophique, moral, éthique… de notre société, n'est pas très élevé. On a perdu toute lucidité. Il y a les dealers de coke, d'héroïne, et de shit, et il y a les dealers de succès, de gloire éphémère, de faux pouvoir, de mensonges. Ces dealers ont réussi à nous faire croire qu'il faut passer à la télé, ou être sur scène, pour exister.

P.O. : Si un jeune venait vous voir pour vous parler de ses projets d'artiste… Quels sont les conseils que vous lui donneriez ?

S.G. : Je n'ai aucun conseil à donner, parce que je n'ai la prétention de rien. Je suis toujours disciple, étudiant, néophyte. Je l'inviterais simplement à lire le psaumes 33 : «Qui regarde vers lui, resplendira». Tu veux briller ? Tu veux resplendir ? Alors tourne toi vers le Seigneur ! Avec Jésus, tu resplendiras !

P.O. : Est-ce que vous prévoyez de faire un nouvel album ?

S.G. : Je suis actuellement en studio, mais je ne sais pas encore si ça va aboutir. Il y a des maquettes qui existent, on les peaufine,  mais j'attends le feu vert du Seigneur, la rencontre qui peut propulser notre groupe. Je ne veux pas faire n'importe quoi n'importe comment. Et je ne veux rien forcer.

Tu veux briller ? Alors tourne toi vers le Seigneur !

P.O. : Pourquoi avoir rédigé un roman ?

S.G. : Je suis un poète, j'ai de l'imagination. Depuis que je suis gosse, j'aime écrire…

P.O. : Est-ce un moyen de vous échapper de la réalité ?

S.G. : Non, pas du tout. C'est plutôt une manière de bien visualiser la réalité. Et ceux qui auront lu le Secret de Lampa (Presses de la Renaissance), comprendront ce que je dis. Dans ce livre, je montre jusqu'où l'homme est capable d'aller, dans le bien comme dans le mal. L'histoire se déroule en Chine et au Tibet, il y a un conflit politique et une véritable guerre qui est menée. Et je suis fasciné de voir comment les Tibétains, depuis des décennies répondent à la violence par la non-violence.

P.O. : Vous avez été très riche. Vous avez été ruiné. Quel est désormais votre rapport avec l'argent ?

S.G. : Rien ne m'appartient, mais je ne manque de rien. Il y a des saisons de grâces et des périodes de sécheresse. Dans ma vie, il y a des moments où ce n'est pas fameux, où il n'y a pas d'argent, où c'est pénible… Et il y a des moments où ça tombe parce qu'il y a de bons projets qui se concrétisent. Actuellement, je n'ai pas à me plaindre, je viens de me marier, on habite à Paris, je suis intermittent du spectacle, et je gagne mieux ma vie qu'à l'époque d'Alliage. Je suis très reconnaissant pour cela.

P.O. : Que représente pour vous la Bible. Quelle est sa place dans votre vie ?

S.G. : Quotidienne. Pour moi la Bible, ce n'est pas un livre, c'est Dieu qui me parle. Donc je m'adresse à lui et il s'adresse à moi tous les jours.

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22/04/2008

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